Présenté à la Berlinale 2026 où Sandra Hüller a reçu l’Ours d’argent de la meilleure interprétation, Rose, du réalisateur Markus Schleinzer, sort en salles françaises le 9 septembre 2026. Tourné en noir et blanc, ce drame historique germano-autrichien aborde un pan méconnu de l’histoire européenne.
Une femme qui vit en homme pour rester libre
Au lendemain de la guerre de Trente Ans, un soldat au visage balafré s’installe dans un village allemand isolé pour réclamer un héritage : une ferme. À force de travail et de services rendus, il gagne peu à peu la confiance des habitants ; jusqu’à ce que certains commencent à douter de sa véritable identité. Car sous ce costume de soldat se cache Rose, une femme qui, après dix années passées dans l’armée sous une identité masculine, continue de vivre en homme pour échapper aux contraintes imposées aux femmes de son époque.
Le film dramatique s’inspire d’une histoire vraie : celle d’une femme exécutée à Halberstadt pour s’être fait passer pour un homme et avoir été reconnue coupable de sodomie, un crime qui englobait alors les relations entre hommes ainsi que d’autres actes réprimés par la loi religieuse de l’époque. Elle est aujourd’hui considérée comme la dernière femme condamnée à mort pour ce motif en Europe. Un sujet rare, que Markus Schleinzer choisit de traiter sous la forme d’un conte pour adultes plutôt que sous un angle naturaliste, porté par une voix off qui narre les événements à la manière d’un récit populaire transmis de bouche à oreille.
Sandra Hüller, actrice européenne la plus recherchée du moment
Après ses rôles marquants dans des productions saluées à Cannes et aux Oscars, Sandra Hüller confirme avec Rose sa place parmi les actrices les plus en vue du cinéma d’auteur européen. Sa performance, réputée pour son intensité physique et son économie de dialogue, lui a valu l’Ours d’argent de la meilleure interprétation à la Berlinale 2026 ; une reconnaissance qui place le film parmi les sorties les plus attendues de la rentrée. Elle explique avoir voulu comprendre un phénomène plus répandu qu’on ne l’imagine au XVIIe siècle, et rendre hommage à ces femmes ayant cherché la liberté dans le travestissement, un choix de vie qui exigeait une discrétion permanente puisque la découverte de la supercherie équivalait à une condamnation à mort. Ceux qui suivent sa filmographie retrouveront une actrice qui multiplie les rôles marquants dans des productions internationales exigeantes, entre projets d’auteur pointus et productions plus internationales.

Markus Schleinzer, un cinéaste des portraits sous contrainte
Après Michael (2011) et Angelo (2018), Rose poursuit la démarche singulière d’un réalisateur qui donne systématiquement à ses films le prénom de leur protagoniste, comme si nommer un personnage suffisait à commencer à l’incarner avant même que le récit ne s’engage. Chez Schleinzer, l’enjeu n’est jamais tant de raconter une histoire que de scruter un corps pris dans un système qui l’opprime : ici, un corps de femme forcé de se dissimuler sous une apparence masculine pour échapper à un ordre social implacable. Le casting est complété par Caro Braun et par Marisa Growaldt, qui prête également sa voix à la narration du film.
Une esthétique en noir et blanc au service du récit
Le choix du noir et blanc, signé par le chef opérateur Gerald Kerkletz, associé à une voix off qui installe la narration à la manière d’un conte populaire, distingue immédiatement le film dans le paysage des drames en costume. La photographie soignée, les décors épurés et la rareté des dialogues renforcent l’isolement des personnages et l’atmosphère de méfiance qui traverse le récit. La partition originale de Tara Nome Doyle accompagne cette sobriété visuelle sans jamais la surcharger ; une approche qui a marqué les esprits lors de sa présentation à Berlin et qui a valu au film plusieurs critiques élogieuses dans la presse spécialisée française.
Un cadre historique rarement exploré au cinéma
En choisissant l’immédiat après-guerre de Trente Ans, période de reconstruction et de suspicion généralisée envers l’étranger, Rose s’aventure sur un terrain que le cinéma d’époque visite peu loin des refrains plus attendus du genre napoléonien ou médiéval. Ce choix s’inscrit dans la continuité du travail de Markus Schleinzer, avec une durée d’1h34 qui privilégie la densité à l’accumulation de péripéties.
Disponible en mobilité pour explorer la bande-annonce
En attendant la séance, la bande-annonce et les premières critiques du film restent consultables sur mobile comme sur ordinateur, une manière pratique de se faire un premier avis avant de réserver sa place, en particulier pour un film dont l’expérience visuelle en salle reste recommandée par la critique.
Prolonger la découverte avec un autre drame en costume
Les amateurs de fresques d’époque exigeantes peuvent aussi se tourner vers The Convert, disponible en VOD : un autre drame historique porté par une réflexion sur l’identité et la place de l’individu face à une communauté hostile, dans un contexte colonial différent mais avec la même tension entre tradition et survie individuelle.

FAQ
Pourquoi Sandra Hüller est-elle particulièrement mise en avant pour ce rôle ?
Elle a reçu l’Ours d’argent de la meilleure interprétation à la Berlinale 2026 pour ce rôle exigeant, l’une des récompenses les plus prestigieuses du circuit des festivals européens.
De quoi parle réellement Rose ?
Le film Rose suit une femme qui, après la guerre de Trente Ans, continue de vivre déguisée en homme pour préserver sa liberté, jusqu’à ce que les habitants d’un village commencent à douter de son identité.
Pourquoi le film est-il tourné en noir et blanc ?
Ce choix esthétique, porté par le chef opérateur Gerald Kerkletz, accentue l’austérité de l’époque et la tension psychologique qui pèse sur l’héroïne.
Le film s’inspire-t-il de faits réels ?
Oui, il s’inspire de l’histoire vraie d’une femme jugée et exécutée à Halberstadt pour avoir vécu sous une identité masculine, un cas resté dans les mémoires comme l’un des derniers de ce type en Europe.
Qui réalise Rose ?
Markus Schleinzer, cinéaste autrichien déjà remarqué pour Michael et Angelo, qui coécrit également le scénario avec Alexander Brom.
*Images IA
