Les Roches rouges marque le retour de Bruno Dumont en salles avec Kaylon Lancel et Kelsie Verdeilles, révélés lors de la Quinzaine des Cinéastes à Cannes 2026. Un film lumineux, déjà salué par la critique française.
Les Roches rouges débarquent enfin en salles
À l’heure où une partie du public tricolore lui préfère la vidéo à la demande, un cinéaste singulier rappelle que la salle obscure garde toute sa puissance de frappe. Bruno Dumont signe Les Roches rouges, qui débarque ce mercredi 23 septembre sur les écrans français après une ovation retentissante sur la Croisette.
Le film, porté par Les Films du Losange, avait créé la surprise dès sa présentation à la Quinzaine des Cinéastes, le 20 mai 2026, où il a bénéficié d’une séance spéciale suivie d’une masterclass retraçant trente années de carrière du réalisateur. Quatre mois plus tard, cette sortie en salles confirme l’engouement suscité par ce récit initiatique tourné sur les falaises rouges de la Méditerranée. Une coproduction européenne réunissant la France, le Portugal, l’Italie, l’Espagne et le Qatar, symbole d’un cinéma d’auteur qui continue de mutualiser ses financements pour exister face aux blockbusters.
La roche rouge, décor qui devient personnage
Sur la Côte d’Azur, deux bandes d’enfants s’affrontent à leur jeu favori : sauter depuis les rochers rouges qui plongent dans la Méditerranée. Géo, cinq ans à peine, découvre le temps d’un été un monde où l’amitié se mêle à la rivalité, et où les premiers élans du cœur deviennent source de tension. Face à lui, Eve, venue du clan rival, fait naître une idylle aux allures de Roméo et Juliette miniature, disputée entre deux territoires de galets. Livrés à eux-mêmes, sans presque aucun adulte à l’écran, les enfants filent sur de petits quads le long de la route, croisent parfois un contrôle de gendarmerie et grimpent à des hauteurs vertigineuses, jusqu’à instiller un authentique frisson chez le spectateur.
Le tournage repose entièrement sur une poignée de jeunes interprètes non professionnels, filmés loin de tout dialogue écrit. Balbutiements, onomatopées et gestes composent une parole brute, dans une approche presque documentaire qui n’est pas sans rappeler P’tit Quinquin, sa mini-série culte elle aussi consacrée à l’enfance. Les six comédiens en herbe, âgés d’à peine six ans au moment du tournage, y vivaient alors leurs tout premiers pas devant une caméra. Le réalisateur a partagé cette recherche de casting avec Louise Dendraën et Julie Sokolowski, chargées de dénicher, sur la Côte d’Azur, des enfants au naturel assez habité pour porter seuls tout un film.

Bruno Dumont, l’art de bousculer les codes
Depuis La Vie de Jésus en 1997, Bruno Dumont a bâti une œuvre exigeante, volontiers associée à une radicalité crue : la brutalité de Twentynine Palms, la noirceur de L’Humanité, Grand Prix à Cannes en 1999, ou encore Flandres, de nouveau récompensé du Grand Prix en 2006. Une double distinction rarissime, qui place le cinéaste parmi les rares artisans à avoir conquis deux fois le prestigieux jury cannois.
Primé aussi à Toronto pour Hadewijch, puis distingué du Prix du Jury à la Berlinale pour L’Empire en 2024, le réalisateur nordiste n’avait pourtant jamais poussé aussi loin l’exploration de l’innocence enfantine. Avec Les Roches rouges, Bruno Dumont ne renonce à rien de sa radicalité formelle : il la met simplement au service d’une lumière inédite, celle d’un été sur la Méditerranée plutôt que celle, plus sombre, qui hantait ses récits précédents.
Cette radicalité passe aussi par une signature visuelle assumée : les grands angles du directeur de la photographie Carlos Alfonso Corral collent les corps minuscules des enfants aux immenses parois rouges, tandis que la partition de la compositrice catalane Laia Torrents Carulla accompagne cette épopée miniature sans jamais l’écraser. En choisissant l’enfance comme sujet, Bruno Dumont rejoint une lignée bien française, celle de Jean Vigo ou François Truffaut, cinéastes pour qui filmer les enfants revenait toujours à filmer le monde des adultes en creux.
Une semaine cinéma placée sous le signe de la radicalité
La presse spécialisée ne s’y est pas trompée. Télérama qualifie Les Roches rouges de plongée à la fois lumineuse et radicale en enfance, saluant un geste de cinéaste qui refuse tout misérabilisme comme toute mièvrerie. De son côté, Le Nouvel Obs attribue au film quatre étoiles, le jugeant aussi rafraîchissant que malicieux, porté par des acteurs à peine sortis de la crèche. Cette unanimité, rare pour un cinéaste aussi clivant, confirme que Les Roches rouges s’impose déjà comme l’une des sorties les plus commentées de la rentrée cinéma 2026.
À rebours des sorties événementielles du moment, qu’il s’agisse du film d’horreur d’André Øvredal ou des superproductions calibrées pour le grand public, Bruno Dumont choisit une nouvelle fois la radicalité formelle, saluée par Télérama comme une plongée lumineuse en enfance.
Une semaine chargée en actualité cinéma, entre ce retour inattendu de Dumont et l’annonce très commentée du prequel Game of Thrones, preuve que les salles françaises n’ont rien à envier aux plateformes en matière de buzz.
Pour prolonger la réflexion sur la mémoire et la transmission
Après la traversée d’enfance filmée par Bruno Dumont, Remember offre un contrepoint qui vaut le détour : le portrait d’un vieil homme rattrapé par son passé, en quête de vérité, où chaque souvenir ressurgi pèse autant qu’un acte. Deux générations, deux regards, mais une même obsession pour ce que l’enfance et l’histoire personnelle laissent en héritage, thème que Les Roches rouges explore côté innocence, quand Remember l’aborde côté mémoire et rédemption.
Un film dense, à savourer aussi bien lors d’une soirée posée devant son ordinateur que fractionné sur plusieurs trajets : l’application fonctionne aussi bien sur tablette que sur Android, ce qui permet de reprendre le film exactement là où on l’avait laissé, que l’on soit en déplacement ou confortablement installé chez soi. De quoi transformer un simple trajet en train ou un moment d’attente en véritable parenthèse cinéma, sans dépendre d’un grand écran.

FAQ
Quand sort Les Roches rouges au cinéma ?
Le film de Bruno Dumont arrive dans les salles françaises le 23 septembre 2026, distribué par Les Films du Losange. Il avait fait sa toute première apparition publique quatre mois plus tôt, lors du Festival de Cannes.
Qui sont les jeunes acteurs des Roches rouges ?
Le casting du film Les Roches rouges réunit six enfants non professionnels, parmi lesquels Kaylon Lancel dans le rôle de Géo et Kelsie Verdeilles dans celui d’Eve. Aucun d’entre eux n’avait tourné devant une caméra auparavant.
Pourquoi le nouveau film de Bruno Dumont surprend-il autant ?
Le cinéaste, habitué aux récits sombres et provocateurs, y filme pour la première fois la légèreté et la tendresse de l’enfance. Cette bascule tonale, sans renoncer à son exigence formelle, explique l’accueil enthousiaste de la critique.
Les Roches rouges a-t-il été présenté à Cannes ?
Oui, le film a fait l’objet d’une séance spéciale à la Quinzaine des Cinéastes le 20 mai 2026, suivie d’une masterclass retraçant trente ans de carrière du réalisateur.
*Images IA
