Ils ont traversé des déserts et des mers, seuls, entre 14 et 19 ans. Tout va bien, documentaire humaniste signé Thomas Ellis, suit pendant deux ans cinq jeunes migrants arrivés à Marseille avec pour seul bagage l’espoir d’une vie meilleure. Un film intense, disponible sur PlayVOD.
Thomas Ellis, un regard sans misérabilisme
Thomas Ellis signe avec Tout va bien son premier long métrage documentaire, après s’être fait connaître dans le milieu de la production audiovisuelle. Le projet est né d’une immersion longue et patiente dans les milieux d’accueil des mineurs non accompagnés, des tribunaux aux foyers de l’Aide Sociale à l’Enfance. Pendant deux ans, le réalisateur a observé, rencontré, accompagné, avant de poser sa caméra sur cinq adolescents dont les trajectoires dessinent ensemble un portrait collectif d’une humanité rare.
Ce documentaire humaniste refuse d’emblée deux écueils symétriques : le misérabilisme qui réduit ces jeunes à leur statut de victimes, et le discours politique qui les transforme en symboles abstraits. Ellis choisit de filmer la vitalité adolescente, les fous rires, les projets professionnels, les coups de téléphone aux mères restées de l’autre côté de la Méditerranée. Cette lumière de Marseille captée par Bastian Esser à l’image traverse chaque séquence et donne au film une chaleur qui n’efface pas les ombres, mais les éclaire autrement.

Cinq trajectoires, un même espoir
Aminata Sylla avait 14 ans quand elle a fui la Guinée pour trouver sa liberté féminine. Junior Tano a rejoint la France au terme d’un périple dangereux depuis la Côte d’Ivoire. Khalil Fellague, 16 ans, est algérien et ne parle pas français à son arrivée, mais sa détermination impressionne dès les premières séquences. Abdoulaye Cissé, 14 ans, et son frère Tidiane Bane, 16 ans, portent ensemble le poids d’un exil dont ils mesurent chaque jour le prix. Ces cinq jeunes migrants ne se ressemblent pas, ne viennent pas du même endroit, n’ont pas les mêmes rêves. Ce qu’ils partagent, c’est cette phrase répétée comme un mantra au téléphone : tout va bien.
Ce mensonge protecteur dit plus sur leur courage que n’importe quelle déclaration. Derrière la pudeur de l’aveu, Thomas Ellis révèle la mécanique complexe de l’exil, là où le véritable voyage ne fait que commencer. Apprendre un métier, une langue, des habitudes, comprendre un système administratif qui peut à tout moment décider de leur sort : chacun de ces apprentissages simultanés constitue une épreuve que le documentaire humaniste sans dramatiser.
Les cinq jeunes de Tout va bien
| Prénom | Pays d’origine | Âge à l’arrivée | Projet ou rêve porté |
| Aminata Sylla | Guinée | 14 ans | Liberté et émancipation féminine |
| Junior Tano | Côte d’Ivoire | Non précisé | Construire une vie stable en France |
| Khalil Fellague | Algérie | 16 ans | Apprendre le français, s’intégrer malgré tout |
| Abdoulaye Cissé | Afrique de l’Ouest | 14 ans | Réussir avec son frère, ne pas se séparer |
| Tidiane Bane | Afrique de l’Ouest | 16 ans | Trouver un métier, rendre fiers ceux restés au pays |
Un documentaire qui redonne des visages aux statistiques
La force de Tout va bien tient précisément dans ce que Thomas Ellis refuse de faire. Il ne cherche pas le sensationnel, ne convoque pas les chiffres de l’immigration pour contextualiser son propos, ne filme pas les frontières ni les centres de rétention. Il part de l’après, de ce moment où ces jeunes migrants ont déjà traversé l’inimaginable et doivent maintenant apprendre à vivre. Cette focale sur le présent et l’avenir plutôt que sur le passé traumatique est le choix le plus courageux et le plus juste du film.

Le documentaire a depuis sa sortie en janvier 2026 entamé une tournée dans les établissements scolaires français, touchant plus de 10 000 collégiens et lycéens. Cette dimension pédagogique, menée en partenariat avec l’Éducation nationale, prolonge naturellement l’ambition du film : redonner un visage et une singularité à des jeunes que le débat public réduit trop souvent à une catégorie administrative, celle des MNA, mineurs non accompagnés.
Un film qui porte une conviction
Tout va bien ne propose pas de solutions politiques et ne prend pas de position partisane. Il fait quelque chose de plus difficile et de plus durable : il installe le spectateur dans la proximité de cinq existences et lui laisse tirer ses propres conclusions. Thomas Ellis filme leurs réussites modestes et leurs découragements passagers avec la même attention, sans hiérarchiser les émotions ni orienter le regard vers une thèse préétablie.
La musique originale de Jeanne Susin et Oleg Ossina accompagne ces trajectoires sans jamais les souligner de façon appuyée, préservant la sobriété qui caractérise l’ensemble du projet. Le montage de Catherine Catella et Léa Chatauret tisse les cinq histoires en un récit collectif fluide, où chaque personnage garde sa singularité sans jamais être écrasé par les autres. Le résultat est un film qui respire, qui fait confiance à ses sujets et, par extension, à son public.
Ce que « tout va bien » veut vraiment dire
Tout va bien restera comme l’un des documentaires les plus lumineux sur une réalité que le débat public aborde rarement avec cette douceur et cette précision. Thomas Ellis n’a pas fait un film sur l’immigration : il a fait un film sur l’adolescence, sur le courage ordinaire et sur la façon dont cinq jeunes ont décidé que leur vie valait le coup d’être vécue malgré tout. Ce mantra répété au téléphone cache en réalité une promesse que chacun d’eux se fait à lui-même.
FAQ : Tout va bien
Qui a réalisé Tout va bien ?
Tout va bien est le premier long métrage documentaire de Thomas Ellis, réalisateur et producteur français. Il a passé deux ans à observer et suivre les milieux d’accueil des mineurs non accompagnés avant de sélectionner les cinq adolescents au cœur du film. Le documentaire est sorti en France le 7 janvier 2026.
Qui sont les jeunes suivis dans le documentaire ?
Le film suit cinq mineurs non accompagnés arrivés à Marseille : Aminata, venue de Guinée à 14 ans, Junior, originaire de Côte d’Ivoire, Khalil, algérien de 16 ans, et les frères Abdoulaye et Tidiane, âgés de 14 et 16 ans. Chacun porte un parcours et un projet distincts, réunis par la même volonté de construire une vie en France.
Le film prend-il position sur le débat politique autour de l’immigration ?
Tout va bien se situe délibérément en dehors du débat partisan. Thomas Ellis ne cherche pas à convaincre ni à culpabiliser : il filme des adolescents dans leur quotidien, leurs apprentissages et leurs espoirs, laissant au spectateur le soin de forger son propre regard sur une réalité que le film documente avec humanité et sobriété.
Le documentaire est-il diffusé dans les écoles ?
Oui. Depuis sa sortie, Thomas Ellis parcourt les établissements scolaires français avec son film, en partenariat avec l’Éducation nationale. Plus de 10 000 collégiens et lycéens ont déjà assisté à une projection, accompagnée d’échanges avec le réalisateur sur les thèmes abordés.
