Smashing Machine arrive ce soir sur Canal+. Benny Safdie filme la descente aux enfers de Dwayne Johnson, champion MMA des années 90, dans la peau de Mark Kerr. Emily Blunt à ses côtés.
Smashing Machine : zoom sur Dwayne Johnson
Ce soir, Canal+ diffuse pour la première fois en France un film d’action en VOD qui a sidéré les amateurs de cinéma depuis sa sortie internationale à l’automne dernier, et que beaucoup attendaient sur les écrans français : Smashing Machine, biopic haletant signé Benny Safdie avec Dwayne Johnson dans le rôle central, une performance qui a réellement surpris tous ceux qui pensaient connaître cet acteur. Présenté à la Mostra de Venise 2025, où il a remporté le Lion d’argent, le film n’avait pas encore touché le grand public français via la télévision avant ce mercredi soir.
Le film retrace la carrière de Mark Kerr, surnommé The Smashing Machine, champion de MMA dominant des années 90 dont l’ascension fulgurante s’est accompagnée d’une chute brutale liée à l’addiction aux analgésiques. Benny Safdie, habitué des portraits d’hommes en crise totale, a trouvé dans cette trajectoire réelle la matière d’un long métrage intense, physique et psychologiquement éprouvant. Son premier film en solo, après des années de collaboration avec son frère Josh, confirme sa place parmi les réalisateurs les plus singuliers de sa génération.
Benny Safdie dépasse les limites du genre sportif
Benny Safdie n’est pas un réalisateur ordinaire de films de sport. Ses précédents travaux avaient habitué le public à des récits où la tension ne vient pas de l’action physique, mais des choix impossibles que les personnages doivent faire en quelques secondes. Avec Smashing Machine, il transpose cette mécanique dans le monde des arts martiaux mixtes sans jamais réduire son sujet à un simple récit de montée et de chute. Ce qui l’intéresse, c’est l’espace invisible entre la puissance apparente d’un champion et la fragilité qu’il dissimule, comme l’ont compris ceux qui ont suivi les coulisses du biopic événement Snoop Dogg. Le résultat est un film qui surprend par sa sobriété visuelle et son refus des artifices attendus du genre.
Pas de montages d’entraînement triomphants, pas de discours inspirants dans les vestiaires. Benny Safdie préfère les plans fixes sur des visages défaits, les conversations que personne n’ose terminer, les nuits sans sommeil dans des chambres d’hôtel anonymes. Cette esthétique documentaire confère à Smashing Machine une authenticité troublante, renforcée par une reconstitution des combats réels de l’époque qui sert le propos sans jamais virer au spectacle vain.

Mark Kerr et la face cachée des grands champions
Mark Kerr a été l’un des combattants les plus redoutés de la fin des années 90. Deux fois champion du monde dans des tournois fondateurs des arts martiaux mixtes modernes, il incarnait la puissance physique dans sa forme la plus brute. Mais derrière cette façade, une dépendance aux antidouleurs s’installait progressivement, alimentée par les blessures accumulées au fil des combats et par la pression permanente de rester au sommet dans un sport sans pitié. C’est cette tension entre gloire publique et effondrement privé que Dwayne Johnson porte tout au long du film, avec une performance d’une sincérité qui a déconcerté même ses plus ardents détracteurs.
Les Linkin Park et sa renaissance au cinéma ont montré que les histoires de chute et de reconstruction résonnent très fort auprès d’un public qui a grandi avec ces figures. La trajectoire de Mark Kerr n’est pas sans rappeler d’autres récits d’athlètes devenus symboles de leur époque, avant d’être rattrapés par des démons que leur propre corps avait contribué à nourrir. Smashing Machine offre à ce portrait une dignité rare, en refusant de le réduire à une simple mise en garde ou à un vibrant témoignage de rédemption.
Emily Blunt et Dwayne Johnson au sommet de leur art
Emily Blunt incarne Dawn Staples, compagne de Mark Kerr, dans un rôle qui ne se contente pas de servir le récit principal. Ses scènes avec Dwayne Johnson forment le coeur émotionnel du film, offrant un contrepoint déchirant aux séquences de combat. Son interprétation, tout en retenue et en sous-texte, illustre la façon dont les proches des champions absorbent eux aussi les coups, sans jamais entrer dans l’arène. Pour Dwayne Johnson, ce long métrage représente un tournant : il renonce aux postures héroïques qui ont fait sa popularité pour incarner un homme à nu, vulnérable et parfois insupportable.
Smashing Machine est disponible ce soir sur Canal+ et constitue un rendez-vous idéal pour une soirée intense. Ceux qui souhaitent prolonger l’expérience sur mobile trouveront dans Le Dernier Round, accessible à la demande, un autre face-à-face de légende entre deux anciens boxeurs rivaux dont la rencontre tardive rallume des brûlures jamais éteintes. Un film parfaitement adapté à un visionnage en déplacement depuis son smartphone, qui partage avec Smashing Machine la conviction que les grandes histoires de sport sont d’abord des histoires humaines. Ces deux oeuvres rappellent que l’addiction, la douleur et l’ambition ne connaissent pas de poids de forme.

FAQ
Qui est Mark Kerr, le personnage joué par Dwayne Johnson ?
Mark Kerr est un combattant américain de MMA, deux fois champion du monde dans des tournois des années 90 qui ont posé les bases du sport tel qu’on le connaît aujourd’hui.
Qui réalise Smashing Machine ?
Benny Safdie, l’un des deux frères Safdie connus pour Good Time et Uncut Gems. Smashing Machine est son premier long métrage en solo, après des années de co-réalisation avec son frère Josh.
Quand et où voir Smashing Machine en France ?
Smashing Machine est diffusé ce mercredi 2 septembre à 21h06 sur Canal+. Pour les abonnés, le film sera également disponible en replay sur la plateforme dans les jours suivants.
Emily Blunt joue-t-elle dans Smashing Machine ?
Oui, Emily Blunt incarne Dawn Staples, la compagne de Mark Kerr. Son rôle est l’un des pivots émotionnels du film, loin des seconds plans habituels dans ce type de biopic sportif.
Le film est-il fidèle à l’histoire vraie de Mark Kerr ?
Smashing Machine s’appuie sur des archives documentaires, dont un documentaire des années 90 qui avait déjà filmé Mark Kerr dans sa période de gloire et de déclin. Benny Safdie a rencontré plusieurs fois le vrai Mark Kerr pour préparer le film.
*Image IA
