En bref :
- Mémoire de fille adapte le roman autobiographique publié par Annie Ernaux en 2016
- Judith Godrèche signe son deuxième long-métrage comme réalisatrice
- Tess Barthélemy interprète la jeune Annie Ernaux dans le film
- Le récit revient sur l’été 1958, une période déterminante dans la vie de l’écrivaine
Mémoire de fille arrive en salles le 30 septembre. Réalisé par Judith Godrèche, ce film adapte le roman autobiographique d’Annie Ernaux, présenté à Un Certain Regard, et revient sur un été 1958 qui a bouleversé la vie de la future Prix Nobel de littérature.
7e art : Annie Ernaux au cœur de Mémoire de fille
Distribué par Jour2Fête, Mémoire de fille a été présenté en mai dans la section Un Certain Regard du Festival de Cannes. Le film s’ouvre alors qu’Annie Ernaux, sollicitée pour une séance de dédicaces dans sa ville natale de Rouen, est prise d’un vertige qui la replonge dans le souvenir d’un été passé plusieurs décennies plus tôt.
Ce retour en arrière la ramène en 1958, lorsqu’elle travaillait comme monitrice dans une colonie de vacances de l’Orne. Âgée d’à peine dix-sept ans et demi, elle y vit sa première expérience amoureuse et sexuelle avec un jeune animateur, un épisode dont l’onde de choc se propage violemment dans son corps et façonne durablement le reste de son existence. Le film biographique dure 1h57 et réunit Tess Barthélemy dans le rôle de la jeune Annie, aux côtés de Valérie Dréville et Maïwène Barthèlemy.

Les coulisses de l’adaptation de Mémoire de fille
Cette adaptation littéraire doit beaucoup à une suggestion de lecture faite à Judith Godrèche après l’accueil réservé à sa série Icon of French Cinema et à son court métrage Moi aussi. C’est cette proposition qui l’a conduite vers le roman Mémoire de fille, publié par Annie Ernaux en 2016, et qui a débouché sur une première rencontre entre les deux femmes dans la maison d’édition de l’autrice, à Cergy.
De cette rencontre est née une véritable complicité entre la cinéaste et l’écrivaine, cette dernière ayant pu lire l’ensemble des versions successives du scénario. Cette proximité de travail a permis à Judith Godrèche d’aborder le tournage avec la volonté affichée de ne jamais trahir l’écriture si particulière d’Annie Ernaux, connue pour son style dépouillé et sa manière d’observer sa propre vie avec une distance presque sociologique.
Judith Godrèche, une cinéaste engagée derrière la caméra
Mémoire de fille constitue le deuxième long-métrage réalisé par Judith Godrèche, quinze ans après Toutes les filles pleurent, sorti en 2010. Entre ces deux films, la cinéaste s’est fait remarquer avec la série Icon of French Cinema, diffusée sur Arte, dans laquelle elle interroge sa propre place dans le cinéma français aux côtés de sa fille Tess Barthélemy, qui retrouve d’ailleurs le devant de la caméra dans Mémoire de fille.
Cette adaptation s’inscrit dans un parcours marqué par un engagement fort contre les violences sexistes et sexuelles dans le milieu du cinéma, Judith Godrèche s’étant imposée ces dernières années comme l’une des voix majeures du mouvement MeToo en France. Le choix d’adapter un texte d’Annie Ernaux consacré à une expérience de jeunesse marquée par l’emprise résonne directement avec cet engagement personnel et artistique.

Annie Ernaux, une œuvre autobiographique marquante
Publié en 2016, le roman Mémoire de fille s’inscrit dans une œuvre autobiographique construite par Annie Ernaux depuis plusieurs décennies, dans laquelle l’écrivaine revient sans détour sur les épisodes les plus marquants de son existence. Prix Nobel de littérature, elle a bâti sa reconnaissance internationale sur cette capacité à transformer son propre vécu en matière littéraire universelle, dépassant largement le cadre du simple témoignage personnel.
L’adaptation cinématographique de ce texte précis représente un défi particulier, dans la mesure où le roman original s’attache autant à décrire les faits qu’à interroger le travail de la mémoire elle-même, plusieurs décennies après les événements racontés. Le film choisit de conserver cette double temporalité, en faisant dialoguer l’Annie Ernaux adulte du présent avec la jeune femme qu’elle a été durant cet été 1958.
Cinéma : le regard contemporain de Judith Godrèche
En choisissant d’adapter avec soin un texte aussi personnel d’Annie Ernaux, Judith Godrèche prolonge à l’écran une œuvre littéraire majeure tout en y inscrivant sa propre sensibilité de cinéaste engagée pour la parole des femmes. À travers ce récit intime, elle explore la mémoire, le désir et l’émancipation, tout en offrant une lecture contemporaine du parcours de son héroïne. Une adaptation qui fait dialoguer la voix d’Annie Ernaux avec le regard singulier de la réalisatrice.
Pour rester à la page des dernières actus du 7e art, rendez-vous sur la page Facebook de PlayVOD. N’hésitez pas à liker vos posts préférés et à suivre toute l’actualité cinéma !
FAQ sur Mémoire de fille
Mémoire de fille est-il le premier film adapté d’une œuvre d’Annie Ernaux ?
Non, plusieurs œuvres d’Annie Ernaux ont déjà été portées à l’écran. La plus notable est L’Événement, adapté par Audrey Diwan en 2021, qui avait remporté le Lion d’Or au Festival de Venise. Mémoire de fille s’inscrit donc dans une tradition d’adaptations cinématographiques de l’œuvre de la Prix Nobel.
Tess Barthélemy est-elle un visage connu du cinéma français ?
Tess Barthélemy n’est pas une inconnue puisqu’elle est la fille de Judith Godrèche elle-même. Elle avait déjà tourné avec sa mère dans la série Icon of French Cinema, diffusée sur Arte, avant de décrocher ce rôle exigeant de la jeune Annie Ernaux dans Mémoire de fille.
Le film Mémoire de fille sera-t-il distribué à l’international ?
Mémoire de fille a été présenté à Un Certain Regard au Festival de Cannes 2026, ce qui lui offre une visibilité internationale significative. Sa distribution à l’étranger dépendra des accords conclus avec des distributeurs locaux à la suite de cette sélection cannoise.
Image générée par intelligence artificielle
