Isabelle Adjani : 45 ans après, son rôle mythique change de mains

Un couloir de métro désert évoquant le Berlin des années 1980
Un couloir vide, une atmosphère qui a marqué le cinéma européen

Isabelle Adjani avait décroché le Prix d’interprétation à Cannes pour ce rôle en 1981. Margaret Qualley le reprend aujourd’hui devant la caméra de Parker Finn. Les premières photos de tournage circulent depuis quelques jours et relancent l’intérêt pour ce classique des années 80.

Isabelle Adjani, une performance entrée dans la légende

En 1981, Isabelle Adjani remporte le Prix d’interprétation féminine du Festival de Cannes pour un rôle réputé parmi les plus exigeants jamais confiés à une actrice française. Le film, réalisé par le Polonais Andrzej Żuławski, mêle drame familial et fantastique dans le Berlin de la Guerre froide. Elle y partage l’affiche avec Sam Neill, disparu depuis, dont l’immense carrière reste saluée par toute la profession.

Quarante-cinq ans plus tard, le personnage revient. Les photographes ont saisi Margaret Qualley en plein tournage dans le New Jersey, entre le 22 et le 25 juillet, vêtue de noir puis d’une robe violette selon les séquences. Les premières images ont immédiatement circulé et relancé les conversations autour de cette œuvre longtemps restée confidentielle en France, où elle n’avait jamais bénéficié d’une exposition comparable à celle des autres films d’Isabelle Adjani.

Un couloir de métro désert évoquant le Berlin des années 1980
Un couloir vide, une atmosphère qui a marqué le cinéma européen

Les rôles culte et l’exercice périlleux de la reprise

Reprendre un rôle associé à une performance historique reste l’un des exercices les plus redoutés du métier. Le cinéma français connaît bien cette gymnastique : ses grandes figures sont régulièrement réinterprétées, comme en témoigne ce projet consacré à Louis de Funès. Le comédien hérite d’une comparaison permanente et doit trouver sa propre proposition sans effacer la précédente.

Isabelle Adjani a de son côté salué le choix, évoquant publiquement une ressemblance familiale entre les deux actrices et le talent de sa cadette. Un adoubement rare, qui allège considérablement la pression pesant sur la production. Ce geste compte : venant d’Isabelle Adjani, il transforme une reprise potentiellement contestée en passage de relais assumé, et prive d’avance les polémiques de leur principal carburant.

Trois points résument la situation :

  • Le rôle titre passe à Margaret Qualley, révélée par plusieurs films remarqués
  • Le personnage masculin est confié à Callum Turner
  • Paul Dano et Diego Calva complètent la distribution

Parker Finn, un réalisateur venu du cinéma de tension

Aux commandes, on trouve Parker Finn. Le cinéaste s’est fait un nom avec deux longs métrages d’angoisse qui ont rencontré un succès commercial et critique appréciable, avec des scores respectifs de 79 % et 86 % auprès de la presse selon les principaux agrégateurs américains. Il écrit, réalise et produit ce nouveau projet autour du personnage créé à l’écran par Isabelle Adjani, tourné en pellicule 35 mm, choix esthétique fort à l’heure du tout-numérique.

Robert Pattinson figure parmi les producteurs, aux côtés de Jonathan Fass, Roy Lee et Andrew Childs. Finn a déclaré vouloir honorer l’œuvre d’origine tout en conservant sa force et sa radicalité, formule qui laisse entendre une relecture assumée plutôt qu’une copie servile. Le recours à l’argentique va dans le même sens : il impose une discipline de tournage, limite le nombre de prises et donne une texture d’image difficile à obtenir autrement.

Un patrimoine cinématographique qui se redécouvre

Ce genre d’annonce a un effet secondaire heureux : elle renvoie le public vers les films anciens. Chaque remake annoncé provoque un pic de recherches sur l’œuvre d’origine, sur son réalisateur et sur sa distribution. C’est particulièrement vrai pour les titres européens des années 80, longtemps difficiles à voir et redevenus accessibles ces dernières années.

Le phénomène profite d’abord aux comédiens. Isabelle Adjani, cinq fois récompensée aux César, occupe une place à part dans le cinéma français, et l’annonce de cette nouvelle version replace mécaniquement son travail au centre des conversations. Une génération de spectateurs qui ne l’avait croisée que dans ses films les plus diffusés découvre à cette occasion une part plus radicale de sa filmographie. Les cinémathèques et les rétrospectives thématiques constatent régulièrement ce type de rebond après une annonce de remake, avec parfois plusieurs mois de décalage entre la nouvelle et la hausse réelle de fréquentation.

Sam Neill, par exemple, a traversé quatre décennies de cinéma populaire sans jamais se cantonner à un registre. On le retrouve notamment dans le quatrième volet de la saga des dinosaures, aux côtés de Laura Dern et Jeff Goldblum, dans un retour très attendu par les fidèles de la trilogie originale.

Attention en revanche à ne pas confondre les titres. Un film fantastique de 2019 porté par Nicolas Cage partage exactement le même nom que le classique de 1981 sans aucun lien avec lui. Ce long métrage est déconseillé aux moins de 12 ans, contrairement au précédent qui reste tout public.

Ce qu’il faut retenir de cette actualité

Aucune date de sortie n’a été communiquée. Le tournage vient de démarrer et la production reste discrète sur son calendrier comme sur son budget. Compte tenu des délais habituels de postproduction sur ce type de projet, une arrivée en salles avant 2028 semble peu probable.

Pour prolonger, le bel hommage rendu à Sam Neill revient sur une filmographie exceptionnelle, du cinéma d’auteur au blockbuster. Cette sélection de drames acclamés rassemble par ailleurs des œuvres du même calibre que celles qui ont fait la réputation d’Isabelle Adjani. 

Une caméra argentique 35 mm évoquant un tournage à l'ancienne rapellant le film d'Isabelle Adjani
Le film est tourné en pellicule, choix rare aujourd’hui

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FAQ

Pourquoi ce rôle est-il considéré comme culte ?

Il a valu à son interprète le Prix d’interprétation féminine à Cannes en 1981. La performance est régulièrement citée parmi les plus intenses du cinéma européen.

Qui réalise cette nouvelle version ?

Parker Finn, réalisateur américain reconnu pour deux films d’angoisse à succès. Il en signe également le scénario et fait partie des producteurs.

Où le tournage a-t-il lieu ?

Les prises de vues se déroulent dans le New Jersey, notamment à Jersey City. Le film est tourné en pellicule 35 mm plutôt qu’en numérique.

Isabelle Adjani a-t-elle réagi ?

Oui, très favorablement. Isabelle Adjani a évoqué publiquement une ressemblance entre les deux comédiennes et souligné le talent de Margaret Qualley.

Quand le film sortira-t-il ?

Aucune date n’a été annoncée. Le tournage ayant tout juste commencé, une sortie avant 2028 paraît peu probable au vu des délais habituels.

*Images IA

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